Partager l'article ! Richard III, le Nazi ?: Il paraît que le film a été tourné en «super 35 anamorphosé»… on est content de l’apprendre ! ...
Robert Downey Jr. by Isa
Il paraît que le film a été tourné en «super 35 anamorphosé»… on est content de l’apprendre !
Sorti en France au milieu de l’été 1996, le moins qu’on puisse dire c’est que le film n’avait pas forcément toutes ses chances pour toucher un large public.
Pourquoi aller s’enfermer dans une salle obscure en ce 26 juin si ensoleillé (je m’en souviens, c’était hier) ? Eh bien pour voir sur grand écran comment un réalisateur arrivait à transposer brillamment au 20ème siècle, sur fond de montée du nazisme, la pièce de Shakespeare.
La lecture de Richard III n’est pas forcément ardue ; ce n’est pas non plus une des pièces les plus faciles à lire. A moins de connaître sur le bout des doigts l’histoire de l’Angleterre, on se perd facilement dans les dédales des complots, convoitises, guerres de succession, traîtrises et autres meurtres. Richard Loncraine donne du relief à toutes ces histoires « en coulisses » en les habillant de soirées mondaines, d’enfants souriants (pas pour longtemps !), de femmes sublimes et dramatiques et de combats aux chars d’assaut !
D’entrée de film le monologue de Richard donne le ton. Mi-discours en public, mi-face à face dans la glace, Richard étale son jeu, déclare ses intentions et ouvre le bal. Après son passage, on meurt sans y prendre garde et il s’en sort à chaque fois un peu plus grandi. Le parallèle avoué de Richard Loncraine avec le nazisme ne souffre pas (trop) de cet anachronisme même s’il n’arrive pas totalement à « décoiffer » le spectateur (n’est pas Baz Luhrman qui veut !).
Tous les second rôles sont excellents, tous épousent l’époque, l’accent et la situation avec un naturel désarmant. Robert Downey Jr. le premier, tonton rigolo des petits princes héritiers, ou féroce opposant à Richard, tentant de préserver sa sœur au péril de sa propre vie. Malgré tout un rôle plutôt discret… et un peu court, pour un acteur dont on connaît le potentiel énorme.
Car parmi les acteurs, le plus sublime de tous, celui sans lequel le film n’aurait pas la même saveur, c’est l’excellent, l’incomparable, l’inoubliable Ian McKellen dans le rôle titre. Acteur de théâtre, il connaît Shakespeare par cœur. Mais au-delà du texte, c’est sa transformation physique, son regard à vous glacer les sangs, son sourire désarmant et terrifiant, qui sont autant d’atouts à son interprétation machiavélique.
Un film réussi, à
voir ou à revoir, pour le plaisir de se faire surprendre.
Isa, août 2002
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